Excerpt for Le Sang de ma Langue by , available in its entirety at Smashwords

Le sang de ma langue

version 2.0




By Corinne Tisserand-Simon

Published by Le Satellite Editions and Corinne Tisserand-Simon at Smaswords

©Le Satellitte™ 2017

© Corinne Tisserand-Simon


ISBN: 9781370692514


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Sommaire


Préface



VIOLENCE


LE SANG DE MA LANGUE

RIRE OU NE PAS RIRE ?

LA DESTINÉE

CE QU’ILS ONT DIT

TU MEURS TU MENS

ENCORE

MENSONGE

COLÈRE MAUVE

CE N’EST PAS LA PEINE

LA PETITE FILLE SUR LA PLAGE

OUVRIR LA TERRE

FRÈRES D’UNIVERS

RANGER, RANGER



GUERRES


OMBRE SOMBRE

EST-CE MA FAUTE A MOI ?

BABEL

GAZA

CESSEZ-LE-FEU

AVIS DE GROS TEMPS SUR LA CAPITALE

DIEU EST PARTI SANS DIRE AU REVOIR



SOLITUDE


LA DAME DE LA DUNE

LA BÉDOUINE

LE SILENCE

LES SABLES DE NOËL

LES OMBRES BLANCHES

ET POURTANT LE MONDE EST VIVANT

LES DEUX BERCEUSES

AINSI PASSE LE TEMPS

L’HOMME SEUL

ULTIME

CRÉPUSCULE

CRYPTE

CE N’EST PAS LA PEINE

ET SI C’ÉTAIT ÇA…



Fenêtres


EN FACE

TROU NOIR

La fenêtre illuminée

Fenêtre 2.0

LE SOURIRE PARISIEN

BUÉE


ENFANCE


ONDINE

POID-PLUME CONTRE LES XEUMEUMEUS

LA NAISSANCE DU FLAMAND ROSE

L’ENFANT DES RÊVES

LE BATEAU FANTÔME


CORPS


CELLULES

MARCHER

L’INNOCENCE

LE SOUFFLE ET LE MONDE


AMOUR


PURIFICATION

INONDATION

JE T’AIME MAINTENANT

L’ÉTÉ AUSTRAL

MA FÈE D’OPALINE

RUBANS FANÉS



ARTS


SOUFFLE NOCTURNE

LE TEMPS

LIRE

SCULPTURE

F/V

TIC, TOC,TAC

LA VÉRITABLE VIE DU POÈME


Du même auteure



Corinne Tisserand-Sinon sur internet



Textes


Préface



Préface


Pendant que certains ont la langue bien pendue!

Corinne Tisserand-Simon a la langue qui saigne.

S'est-elle juste mordue la langue ?

A-t-on cherché à lui couper la parole de façon anatomique ou métaphorique ?

Ce que nous révèle ce recueil en ce qui concerne le choix de ce titre "équivocatoire" serait plutôt dans la difficulté du choix précisément. Celui des mots pour exprimer des sujets dont il est difficile de parler. A force de se mordre la langue

pour dire ou ne pas dire, pourquoi ne pas se la trancher pour que jaillisse l'écriture.

Aucun mal, aucune gravité sauf celle qui s'affirme comme

nécessaire et pourtant …Le sang de ma langue n'a rien à voir avec une mutilation ni avec un quelconque syndrome de Renfield.


Corinne Tisserand-Simon a juste trouvé l'encre pour écrire sur

la violence, la guerre, la solitude, les fenêtres parce qu'il faut

bien se cautériser par l'air du temps pour pouvoir aborder

l'enfance sans rémission, le corps en démission, l'amour

rédempteur pour aboutir à l'art salvateur.

Celui des autres et le sien !

Autant de thématiques et plus encore de poèmes facettes quelque fois facétieux.

Corinne Tisserand- Simon que j'ai le privilège de l'ami, de 'élève et de l'éditeur d'appeler "Coco", signe ici un recueil de réconciliation. Celle du poète avec ses mots qui ne veulent pas sortir, du lecteur avec la poésie contemporaine qui retrouve ici une réalité vécue et surtout de l'écriture avec la parole.

En effet, une langue mordue cicatrise et une langue coupée repousse quand d'autre déclame l'écrit. Verbalement, mentalement, corporellement ! L'indicible de l'auteur peut se dire, se communiquer car quand il se lit il peut s'entendre en soi même.


Je ne peux que m'excuser auprès des amateurs de genre gore, ici le sang se confond avec le souffle dans une hybridation scripturale et phonétique.

Ce sang de la langue c'est le souffle porteur de poésie potentiel, ce souffle entre les

dents serrées qui sèche la salive et laisse la langue à vif jusqu'à l'hémorragie de vie.

La vie dans sa pudeur intérieure déchiquetée par l'indécence extérieure qui ne propose rien de bon en soi. Chaque poème inspire à chaque expiration ainsi le verbe se régénère car il s'agit de votre sang et de votre langue aussi.

Stanislas Kazal

Editeur


.

VIOLENCE



LE SANG DE MA LANGUE



Le sang de ma langue tapisse ma bouche

Il écume à gros bouillons

Larmes rouges de ma bouche

Silence liquide des mots

Où se défait le sens Inavoué des choses sans êtres

Des êtres au-delà des choses


Sang blanc des mots Qui drape le silence

Du linceul de la vérité


Le sang de ma langue inonde mes dents

Dentine rose qui se colle au firmament buccal

Geste rouge débordant la lèvre

Cri de l’ultime silence


Silence rouge du temps à venir

Où se glissera la douleur des jours assassinés

Murmures des joies alanguies du soleil

Où naîtront les mots du lendemain


Les mots rouleront dans ma bouche exsangue

Criés jusqu’à la déchirure


Ultime zébrure du temps

Aux détours de ma bouche

De ma bouche bouchée

Bouchées de terre ensanglantée


Mots à peine La peine murmurée

La blessure susurrée

Au fond de ma bouche en pleurs


Béance blanche

Trou de ma langue

Affleurement du silence

Gémissement de la pensée


Ma langue écoute


Ma langue entend


Ma langue attend


Tapie dans l’ombre du verbiage

Ma langue happe les consonnes


Brise les voyelles

Hume les phrases nauséabondes

Qu’exhalent les discours moribonds


Ma langue se retourne

Dans le silence de ma bouche

Reconnaître ce que c’est

Entendre ce que ça veut dire


Ma langue se vrille

Dans la boue de l’autre

Elle se coupe

S’ouvre

Se délite

Se happe

Se range

Se déhanche


Elle essaye de se taire

De s’enterrer

Dans la gorge béante d’un souvenir


Ma langue saigne

Quand je pleure


Ma langue saigne

Quand je n’entends pas

Les mots de Samuel Beckett


Ma langue ne peut se taire

Quand le temps d’un silence s’effiloche

Quand la pensée s’absente

Quand meurt la douceur du verbe


Langue coupée

Langue qui saigne

Langue qui tangue

Langue qui harangue

Les détrousseurs de silence


Ma langue attend que les autres se taisent

" Il ne faut pas interrompre les grandes personnes"

Elles seules savent ce qu’il faut dire

Elles font taire ceux qui n’ont pas le droit de dire ce qu’ils savent


Mais... Ma langue a le droit de rire



RIRE OU NE PAS RIRE ?


Le rire.

Pourquoi faire rire a tout prix ?

Ne pourrait-on pas foutre la paix aux gens sérieux ?

Aux gens tristes ?

A ceux qui aiment la pluie ?

A ceux qui n’aiment pas le soleil ?

Parce que le soleil, ça brule !

Mais la pluie La pluie, ça lave

Et puis ça fait peur.

Et avoir peur, ça fait du bien...

Pourquoi faut-il sourire que on a envie du pleurer ?

Pourquoi ne pas crier au milieu d’un cimetière ?

Pour ne pas se taire quand on n’a rien à dire ?

Pourquoi être bête à manger du foin quand on n’a pas faim ?

Pourquoi ne pas se compliquer la vie si on en a envie ?

Ne pas rire quand on nous le permet.

Rire quand on nous le défend.

Rire quand on fait sa prière.

Rire seul dans le désert.

Ne pas être vu en train de rire.

Ne pas entrer dans le rire-academy

Le rire universel n’engendre que la haine de l’intelligence,

Et la haine de l’intelligence détruit l’avenir !

Avoir des lendemains en pleurs ?

Se plonger l’été dans une rivière de larmes,

Y bruler jusqu’a son premier bonheur,

Quitte à y perdre sa dernière chemise,

S’y perdre a sa guise !

Se fermer au monde pour conquérir sa nuit.

Etre méchant à satiété.

Être lourd comme la gaité en berne.

Le rire est la politesse du désespoir,

Soyons assez tristes pour imposer silence.

Soyons assez fous pour pleurer au détour d’un amour.

Soyons assez désinvoltes pour ruiner l’âme de son prochain.

Soyons assez grossiers pour ne pas rire du pauvre monde.


LA DESTINÉE


Elle viendra te dire

Que rien ne bouge

Que rien ne change

Ni le sourire des fées

Ni les larmes de l’enfant à naître


Elle viendra te dire

Que le monde se barbouille de sang

Que les fleurs sont en berne

Quand passe l’enfant que l’on vient de tuer


Elle viendra te dire

Qu’il ne sert à rien de crier


Elle viendra te dire

Que le soleil réchauffera ton corps

Que le sourire brûlera ta peau


Que tes jours sont comptés

Que les dieux sont fatigués

De t’entendre pleurer


Elle viendra te dire

Qu’il est inutile

De vouloir parler

Qu’il n’est pas louable

De se taire


Alors que faire ?


Elle viendra de dire

Qu’elle n’en sait rien

Qu’un jour

Si tu le mérites

Si tu vis encore

Si tu continues

Si tu te perpétues

Si te ne mendies pas

La parole de l’autre


Si tu ne te consoles pas

De petits tout

De petits riens

Si les choses ne te cachent pas

L’abîme du ciel


Si ton corps reste vivant

Si ton cri reste suspendu au voile de la nuit

Alors peut-être...



CE QU’ILS ONT DIT


Si tu savais ce qu’ils ont dit ce jour-là

Juste qu’elle allait crever

Pas la peine d’en faire tout un plat

Avant elle y’avait rien Après elle,

tu verras on sera bien


Si tu savais ce qu’ils ont dit ce jour-là

Que ce ne sera pas une vie pour elle

Qu’elle ne ferait jamais la différence

Entre la vie et la nuit

Qu’elle ne sentirait même pas la caresse du jour

La langueur de l’aube

Et la chaleur d’une autre peau

Qu’elle serait dans le trou avant tous les autres

Alors pas la peine qu’elle s’en sorte

Que ce serait pitié que de la montrer

Qu’il valait mieux la laisser périr dans ce pauvre berceau

Qu’il valait mieux ne pas la secourir et la laisser mourir


Si tu savais ce qu’ils ont dit ce jour-là

Comme conneries

Dame Bêtise hurlait de rire par delà les murs de son tombeau

Imagine le chaos

Pas besoin d’être devin

Pour prédire son avenir

Qu’elle se jette dans la gueule du diable

Ou qu’elle s’endorme dans des draps de satin blanc

Elle sera toujours celle qui n’aurait pas dû... être là...


Si tu savais ce qu’ils ont dit ce jour-là

Prévoyant déjà le petit trépas

Qu’ils n’étaient pas responsables

Et certainement pas coupables

Ils avaient déjà mis leurs habits du dimanche

Pour l’enterrer en silence


Si tu savais ce qu’ils ont dit ce jour-là

Quand ils l’ont vue se lever de son berceau

Si tu savais ce qu’ils se sont dits ce soir-là

Lorsqu’elle a marché vers son unique soleil


Figés, ils attendaient en silence

Elle n’a rien dit Son pas résonna

Elle s’éloignait déjà de la mort providentielle

Prévue pour elle Depuis le hasard éternel

Elle marcha au-delà Du chaos évènementiel

Si tu savais ce qu’ils ont dit ce jour-là...


TU MEURS TU MENS


Tu meurs

Tu mens


Mensonge calcifie

Tu n’es pas a moi


Ceci n’est pas moi

N’est pas au dedans de moi


Tu meurs

Tu mens


Trou de silence

A l’intérieur de moi


Parole qui s’étrangle

Lueur du premier jour


Puis plus


Tache originelle

On ne voit qu’elle


Sur l’image

On ne voit qu’elle

Ombre sombre


Puis plus


Soleil superbe

Dans la nuit


Puis plus

Tu meurs

Tu mens


Puis plus



ENCORE


Être là où l’on est

Encore dans le corps

Encore la vie


ENCORE


Encore un jour

Puis la nuit

Encore la mort


ENCORE


Encore la vie

Encore la mort


ENCORE


Puis la vie


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